Bandes Originales Recommandées

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(n°1471)

Bandes Originales Recommandées

Alexandre Desplat

The OutfitAlexandre Desplat

Un tailleur anglais s’installe dans un quartier sulfureux de Chicago, mais les seuls qui peuvent se payer ses habits de luxe sont aussi ceux qui peuvent sérieusement le découper. Pour cette guerre de gangs en boutique, Alexandre Desplat adopte la taille patron sur ce véritable exercice de style où il rend hommage à la musique jazzy de thrillers noir des 50’s à l’exception près que les cuivres sont beaucoup plus discrètes, apportant plus quelques coups de boutoir au score. Pour le reste ce sont plutôt le piano, des bois ou une contrebasse qui font une narration musicale souvent monophonique, à tour de rôle, maintenant un teinte intimiste quand bien même les gangsters semblent faire la queue devant l’établissement… L’autre facteur est la morosité persistante, à grands coups d’arrangements contourés par une gamme sinistre sur mesure, d’une écriture déséquilibrée vers les graves, d’accords très dissonants aux cordes, cordes aussi qui piquent par leurs pizzicati tout comme les percussions jazz, évoquant des palpitations émotionnelles, l’idée d’un personnage empressé, oppressé, car en mauvaise posture.

Kris Bowers

Bridgerton (Saison 2)Kris Bowers

Retour à l’époque de la Régence anglaise au début du 19ème siècle, où le vicomte Anthony Bridgerton veut se marier mais voit son coeur balancer entre sa promise et la grande soeur de cette dernière. Ambiance scandale au menu. Et on eût dit que le coeur du compositeur balançait aussi entre le Classique et le Baroque, finalement il a décidé de ne pas choisir et de prendre le meilleur des deux. Tout d’abord le Classique et son lyrisme habituel il le réserve jalousement plus à des tonalités sentimentales qu’elles soient romantiques ou dramatiques. Mais Bridgerton c’est aussi une certaine légèreté qui est bien mieux rendue musicalement avec les rythmiques naturellement sautillantes du Baroque. Il va sans dire que les cordes frottées (violons, altos, violoncelles, contrebasses) accaparent grandement la partition quant harpe, piano et flûte apportent souvent des notes de tendresse, de romantisme ou de mélancolie. Enfin les percus tribales (si chères aux productions modernes) résonnent avec l’avant-gardisme anachronique de la série, assez évidentes sur le final elles évoquent tout aussi bien la fin d’une hésitation au profit d’une détermination.

Hofesh Shechter & Cédric Klapisch

En Corps Hofesh Shechter et Cédric Klapisch

L’important n’est pas la chute mais la manière dont on se relève. Elise grande danseuse Classique pense voir son monde s’écrouler lorsque sa brillante carrière est stoppée nette par une grave blessure. En tentant de se réparer au sens propre comme au figuré elle va se rapprocher d’une compagnie de danse contemporaine et découvrir une nouvelle manière de vivre. A sa façon, la BO du duo Shechter/Klapisch exprime clairement le refus de se laisser abattre : percus Rock et africaines massives et expansives, sonorités électro agressives, guitare électrique saturée, bref une orchestration parfaite pour quelques expressions corporelles débridées… Mais outre le corps il y aussi l’esprit, et les vocalises, rythmes ou bols tibétains, que l’on peut entendre sur les pistes Chopping Water et That Night In Brazil évoque clairement la religion voire carrément le rituel initiatique, impression prolongée par le caractère trippant et mélancolique de Lo Levad et sa reprise Flashback ; on perçoit alors que le personnage principal embrasse une nouvelle vie avec ce que cela comprend comme désorientation et implication mentale, le fort exotisme de la bande-son amplifiant son évolution intime.

Didier Bianay (Mr Reyd)

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